Parachat Emor – D.ieu ne nous abandonne jamais

 

   

Cette semaine, nous allons découvrir une discussion un peu surréaliste entre un renégat et un grand Rav du Talmud. Grâce à leur échange, nous allons vérifier que D.ieu n’abandonne jamais Ses enfants, quels qu’ils soient et où qu’ils se trouvent…

Dans notre paracha, nous trouvons la prescription faite au Cohanim de ne pas s’impurifier, notamment en ayant un contact avec un mort. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle un Cohen ne se rend pas dans un cimetière.  Toutefois, si ce défunt est un proche parent du Cohen, il aura le droit de s’impurifier pour toutes les démarches concernant son enterrement.

Le Talmud nous relate une discussion qui eu lieu un jour, entre un apostat, un renégat (mine) et Rabbi Abahou.

Le renégat lui posa une question très étonnante, qui entraîna une discussion un peu surréaliste, mais passionnante: D.ieu est un Cohen, commença le renégat. Il s’est donc rendu impur en s’occupant de la sépulture de Moïse. Comment a-t-il fait pour se purifier ? Et ne me dis pas qu’il s’est immergé dans l’eau d’un mikvé 1, car un verset dit: «Aucune étendue d’eau ne peut contenir D.ieu».

D.ieu s’est trempé dans un mikvé de feu, lui répondit Rabbi Abahou. Car il est dit : « D.ieu viendra par le feu ». Le feu peut donc servir de mikvé de purification ? La meilleure purification se fait par le feu, car il est écrit : «Ce qui ne pourra pas être purifié par le feu, purifiez-le par l’eau.»

Voilà donc l’échange un peu particulier qui nous est relatée dans le Talmud (Sanhédrin p.39a).

Les Tossafistes, grands commentateurs du Moyen-âge, s’interrogent : «Ce qui a dérangé ce renégat, c’était la manière par laquelle D.ieu a pu se purifier. Pourtant, il n’a pas soulevé une autre question, beaucoup plus gênante. On le sait, un Cohen n’a pas le droit de se rendre impur au contact d’un mort. Comment D.ieu a-t-il donc pu transgresser cet interdit en s’occupant de l’enterrement de Moïse ?»

Les Tossafistes répondent donc à cette question : «Un Cohen a le droit de se rendre impur pour son propre fils. Or, le peuple juif a été appelé : le fils de D.ieu. C’est la raison pour laquelle D.ieu a parfaitement le droit de se rendre impur, si l’on peut dire, afin de s’occuper de Ses enfants.»

On remarquera une idée intéressante. Comme nous venons de le voir, le renégat n’a pas été intéressé de savoir pourquoi D.ieu s’impurifiait pour Moïse, mais simplement comment le Créateur parvenait à se purifier. C’est qu’en réalité, même ce renégat savait que D.ieu pouvait s’impurifier dans la mesure où, comme tout Cohen, il avait le droit de le faire pour son fils.

Ce Juif renégat, qui disait ne pas accepter les lois divines, reconnaissait donc implicitement accepter l’idée qu’il était, comme tous les Juifs, un enfant de D.ieu !

Comme un enfant égaré

Mais le Talmud poursuit la réflexion sur ce sujet en soulevant une autre question. D’une part, nous savons que les Bné-Israël, sont appelés les enfants de D.ieu (banim). D’autre part, on les appelle également Ses serviteurs (avadim).

Comment expliquer cette différence.

Lorsque que le peuple juif applique scrupuleusement les mitsvoth, ils sont appelés les enfants de D.ieu. Alors que lorsqu’ils n’appliquent pas les mitsvoth, ils sont appelés Ses serviteurs. C’est pour cette raison que D.ieu a «eu le droit» de s’impurifier au contact de Moïse alors qu’il était mort, car un Cohen a le droit de se rendre impur pour son fils.

Et s’Il l’a fait pour Moïse, il est évident que D.ieu viendra à notre rencontre. Et même Car il peut arriver que le peuple juif soit souillé, qu’il ressemble à un mort, au sens qu’il n’a plus de vitalité spirituelle. Mais si, au milieu de l’exil et de son égarement parmi les Nations, le peuple d’Israël garde de bonnes intentions, les intentions d’un fils qui cherche à accomplir les commandements de son père, alors il restera toujours le fils de D.ieu.

Ainsi, le Tout-puissant pourra aller à sa rencontre, là où il se trouve, même dans l’impureté des terres de Nations. Et Il ramènera cet enfant égaré sur sa terre, terre de la résurrection des morts par excellence, terre d’Israël, pour la venue du Machia’h, bimhééra béyaménou amen.