Parachat Béhoukotaï – L’effort, secret du bonheur

 

   

Alors que l’idée répandue est que le plaisir est un long farniente au bord d’une plage de sable fin, la Torah nous révèle un secret révolutionnaire : c’est dans l’effort que l’homme trouve le bonheur…

Cette semaine nous allons lire la sidra de Bé’houkotaï et ainsi conclure le livre de Vayikra. La Torah va nous exposer les bénédictions et les malédictions, promises par D.ieu. De quoi vont-elles dépendre ?

Les premiers mots de la paracha nous apportent des informations. « Im bé’houkotaï télé’hou : Si vous suivez mes préceptes… »

Rachi rapporte les commentaires de nos sages : le secret de la bénédiction est de s’investir, de produire des efforts dans l’étude de la Torah. Tout ce qui va faire notre bonheur dépend de cet effort et de cette étude.

La paix, l’harmonie, la possibilité d’être serein sur notre terre, de bénéficier de l’abondance matérielle, tout va dépendre de notre effort dans l’étude de la Torah. Mais pourquoi cet effort a-t-il tellement de conséquence ?

L’enseignement de nos sages dans le traité de Baba Metsia va nous donner un premier élément de réponse.

Nos sages nous disent : « Un homme préfère une toute petite possession, mais qui lui appartienne entièrement, plutôt qu’un bien neuf fois plus grand, mais dont il n’aura pas une acquisition totale.

D’autres diraient : « Mieux vaut un petit chez soi qu’un grand chez les autres ».

Ce que nous disent en substance nos sages est que la vraie richesse, c’est la valeur de ce qu’on a obtenu quand on s’en est donné la peine : c’est la notion de l’effort.

A chaque pas, un encouragement

Mais il y a une autre optique pour comprendre cette notion.

Quelle est particularité de l’effort de l’étude de la Torah ?

Pour répondre à cette question, le ‘Hafets ‘Haïm propose une parabole pour saisir simplement ce concept.

Un homme se rend chez un tailleur pour lui commander un costume, en lui précisant qu’il doit être prêt pour la semaine suivante et qu’il doit être sur mesure. La semaine passe et notre homme se rend à nouveau chez le couturier pour récupérer son costume neuf. Mais quand il l’essaye, il s’aperçoit qu’il n’est absolument pas à sa taille : il ne peut même pas l’enfiler.

Pourtant, à sa grande surprise, le tailleur lui dit : « Je suis désolé mais la note va être tout de même élevée car j’ai travaillé au moins dix heures sur ce costume. »

Le bons sens veut que l’on ne paye pas pour ce travail qui ne correspond absolument pas à la commande. Ce qui compte dans cette transaction, c’est bien sûr le résultat : est-ce que le costume tombe bien ou pas.

Le Hafets Haïm explique que ce principe se vérifie pour toutes les disciplines du monde sauf pour la Torah et les mitsvoth.

Car pour chacune des minutes passées devant un livre de Torah, devant un livre d’étude, pour chacun des efforts que nous produisons pour appliquer les mitsvoth, les préceptes de D.ieu, l’effort en-soi va donner un salaire.

Autrement dit, s’il faut plus que des efforts pour obtenir des titres et des examens, dans le domaine de la Torah et des mitsvoth, le fonctionnement est totalement différent. Car D.ieu a cette clémence et cette indulgence de pouvoir apprécier les efforts de chacun selon ce qu’il est.

C’est en cela que le secret de la réussite et de la bénédiction, c’est parvenir à s’investir toujours plus et toujours mieux, quelqu’en soient les résultats, dans les projets qui vont dans le sens de la volonté de D.ieu. Et le Créateur du monde est très explicite : « Si vous allez dans Mon chemin (im be’houkotaï tele’hou), vous recevrez Ma bénédiction ».

Mais ce chemin, même si l’on peut compter sur l’indulgence de D.ieu n’est pas un long fleuve tranquille : s’investir dans l’étude de la Torah et comprendre le message divin n’est pas toujours facile.

Mais pour chacune des minutes d’étude, chacun des efforts pour accomplir une mitsva, chacun des pas que l’on aura fait pour aller jusqu’à un cours de Torah, on recevra un salaire.

Que D.ieu nous donne le mérite d’appliquer ces paroles et de nous investir toujours plus et toujours mieux dans des projets spirituels, Amen.