Parachat Emor – Ne ratez pas l’élection

 

Le compte de l’Omer est la préparation pour être digne de recevoir la Torah.  Mais cette préparation exige de nous un réel travail sur nous-mêmes, pour lequel il nous faut entrer en campagne. Allons-nous réellement parvenir à être le peuple élu?

Cette semaine, nous allons lire la paracha d’Emor. A la fin de cette paracha, nous allons énumérer toutes les fêtes qui marquent le calendrier hébraïque.

Bien entendu, parmi elles, celle de Chavouoth, celle du don de la Torah. A la différence des autres fêtes, la date de Chavouoth n’est pas mentionnée. Pour toutes les autres réjouissances, la date en est précisément annoncée, alors qu’en ce qui concerne Chavouoth, le texte ne la révèle pas, alors qu’elle est pourtant connue: le 6 sivan.

Pourquoi cette différence ?

La réponse se trouve dans le compte de l’Omer, et surtout dans sa signification profonde. La Torah nous demande de compter l’Omer, et nous devons dénombrer chaque jour qui nous sépare de la fête de Chavouoth.

A partir du deuxième soir de Pessa’h et pendant sept semaines complètes (cheva chabbatoth temimoth), nous comptons les jours et les semaines. Après quoi, le cinquantième jour, on célèbrera la fête de Chavouoth, le don de la Torah.

Or, Pessa’h a toujours lieu le 15 du mois de nissan et à partir du deuxième soir de Pessa’h, en comptant quarante-neuf jours, on arrive toujours au «compte est bon» du 6 sivan. Pourquoi alors ne pas préciser la date plus explicitement dans le texte de la Torah ? Le jour J

Pour répondre à cette question, il faut savoir que la distance entre Pessa’h et Chavouoth, entre la sortie d’Égypte et le don de la Torah, n’était pas seulement une distance temporelle, mais aussi une distance spirituelle. En effet, les Bné-Israël, imprégnés de l’impureté et du vice égyptiens, n’étaient pas au niveau de recevoir la Torah.

Aussi, chaque jour qui suivit cette sortie d’Égypte, il fallait progresser, évoluer, se purifier. D’abord, il leur fallut acquérir les 48 qualités morales nécessaires au don de la Torah (cf. Maximes des Pères 6 ;6).

Ensuite, on eut besoin d’un jour de briefing, de répétition générale, avant le grand moment. Quarante-neuf jours de préparatifs furent nécessaires au don de la Torah. On le voit, dans ce processus d’amélioration, d’optimisation personnelle, la date du don de la Torah (Matane Torah), n’est pas primordiale.

Ce qui est essentiel, c’est la façon dont on s’y prépare. Un peu comme pour un entretien très important, ou pour un examen ; ce n’est pas uniquement le jour J qui compte, mais la manière dont on a préparé la «campagne»…

Chaque minute est importante. Chaque jour de l’Omer, on compte le temps. Chaque jour et chaque minute sont importants. On doit acquérir ces qualités morales indispensables pour recevoir un présent fantastique.

Autrement dit, un grand moment ne se vit pas seulement au présent, mais se prépare à l’avance, exactement quarante-neuf jours en amont. C’est donc le message de cette paracha.

«Vous compterez pour vous» (Oussefartem la’hem), nous dit le Créateur, un peu comme ce le’h le’ha adressé par D.ieu Lui-même à Avraham, notre patriarche, qui est expliqué par Rachi : «Va pour toi, tu as un intérêt évident dans ce départ».

Oussefartem la’hem, ce compte (sefira) demandé par D.ieu, c’est le fait de compter chaque instant qui précède le don de la Torah, et c’est ce qui va nous rendre digne de recevoir ce qui est bon pour nous.

Kileka’h tov natati la’hem torati al taazovou («Parce que Je vous ai donné une bonne part, n’abandonnez pas ma Torah»).

Ce cadeau extraordinaire pour chacun d’entre-nous, ne doit bien entendu pas être abandonné ; mais surtout, il faut être digne et prêt à le recevoir et à pouvoir vivre, enfin débarrassé de l’impureté, ce moment exceptionnel du don de la Torah dans toute son intensité.