Parachat Aazinou, Bonheurs insoupçonnés

Bonheur insoupçonné

Par une
règle d’interprétation, le Talmud, partant
d’un verset de notre paracha,

conclut
que nous devons faire une bénédiction avant un repas
et après l’étude de la Torah. Qu’en
est-il après un repas et avant l’étude ?
L’occasion de goûter à des délices
subtils et… insoupçonnés.

« Lorsque je
prononcerai le nom de D.ieu, vous louerez la grandeur de
l’Eternel »

(Detéronome
32 ; 3).

De ce verset, nos
Sages (traité Béra’hoth 21a), apprennent
qu’il faut prononcer une bénédiction avant de
lire ou d’étudier la Torah. D’autre part, on le
sait, nous avons l’obligation du Birkath hamazone, la
bénédiction après un repas à base de
pain

(Deutéronome 8 ; 10).

Sur le plan
pratique, nous devons dire une bénédiction avant et
après l’étude et une bénédiction
avant et après un repas. Pourtant, dans le texte de la
Torah, on ne fait

référence qu’à la
bénédiction après le repas, et à la
bénédiction avant l’étude. Alors

pourquoi
devons-nous dire une bénédiction avant et
après ?

Pour
répondre à cette question, nos Sages utilisent le
kal va’homer, l’une des treize

règles
d’interprétation données par D.ieu à
Moché Rabbénou. Le kal va’homer
désigne le principe d’un raisonnement a
fortiori
. Par exemple, si une règle est vraie pour une
petite chose, elle l’est a fortiori pour une grande.
Dans le cas qui nous occupe, la Torah nous enjoint à
remercier D.ieu pour un bon repas lorsqu’on est repus. A
fortiori
, nous devons Le remercier quand la faim nous
aiguillonne le ventre.

Il en est ainsi
pour l’étude de la Torah. Si l’on doit prononcer une
bénédiction avant d’avoir étudié,
a fortiori lorsqu’on aura pu découvrir
l’infinie richesse de la sagesse talmudique et à la
subtilité de l’étude de la Torah, on aura le
devoir de remercier Celui qui en est à l’origine.

Nous savons
maintenant pourquoi nous devons remercier D.ieu avant et
après un repas et avant et après
l’étude. Mais pourquoi la Torah mentionne-t-elle la
bénédiction avant l’étude et
après le repas, ne précisant pas celle après
l’étude et avant le repas ? Pourquoi y a-t-il une
différence entre l’étude et un repas ?

L’objet
désiré

Tout simplement
parce que les plaisirs de ce monde ont une essence contraire aux
plaisirs spirituels de l’étude de la Torah.
L’obtention d’un objet désiré dans ce
monde ci provoque une satiété,
c’est-à-dire une indifférence : une fois
obtenu, l’objet de notre désir recouvre bien moins
d’intérêt.

C’est la
raison pour laquelle la Torah nous dit au sujet d’un repas :
« Lorsque tu seras

rassasié,
tu n’auras peut-être plus aucune envie de bénir
ton Créateur, car tu n’auras

plus de
désir et tu auras oublié que quelques minutes
auparavant, tu avais réellement

besoin de manger.
N’oublie donc jamais que sans Lui, tu aurais ressenti un
manque. »

Il en va tout
à fait autrement pour les plaisirs spirituels, car quand on
commence à étudier, on ne sait pas encore ce qui est
écrit, on ne ressent pas un besoin physiologique. En
revanche, après un bon cours, une étude
mouvementée, lorsqu’on a découvert le message
caché entre les mots, entre les lignes et les pages de notre
sainte

Torah, on
goûte à un plaisir exceptionnel, et l’on ressent
le besoin de proclamer de grandes et belles paroles pour louer
l’Eternel. En outre, le plaisir de l’étude va
grandir

au fur et à
mesure que l’on progresse. Au départ, c’est
parfois difficile de trouver le

temps, de
commencer à poser la première question, de voir clair
dans le brouillard,

de dépasser
ce que le texte sacré peut avoir parfois
d’hermétique. Mais au fur et

à mesure du
commentaire, on goûte à ses délices, et plus on
avance dans l’étude, plus le plaisir est grand. A la
fin d’un cours, on prononce donc très facilement la
bénédiction de la Torah. C’est la raison pour
laquelle, le texte vient nous rappeler qu’il ne serait pas
juste de se délecter de l’étude de la Torah
sans en remercier son Auteur au préalable.

Cette
différence fondamentale prouve que les plaisirs de ce monde
sont éphémères.

Les
activités spirituelles, à l’inverse, nous
forment et forgent nos qualités morales. Ces aspirations
spirituelles procurent des joies qui demandent plus de temps pour
voir le jour, mais qui permettent une authentique construction
personnelle.

Parachat Aazinou, Bonheurs insoupçonnés (PDF)