Paracha Vayéra – Vouloir plus qu’un mérite

 

La paracha Vayéra fait suite à la circoncision d’Avraham avinou, Avraham notre patriarche.

Le texte nous rapporte qu’Avraham était installé à l’entrée de la tente, «ké’hom hayom», «à la chaleur du jour». Le midrach, rapporté par Rachi, raconte que D.ieu avait sorti le soleil de son écrin pour éviter que des invités ne se présentent, ce qui aurait fatigué Avraham davantage.

Malgré cette chaleur, Avraham cherchait à recevoir. D.ieu vit que cela lui causait de la peine et au lieu de lui envoyer des anges sous l’apparence d’anges, Il le consola en lui envoyant des anges à l’apparence d’hommes. Il put appliquer ainsi la mitsva d’ha’hnassator’him, le commandement de l’hospitalité.

On sait que lorsque quelqu’un est oness, c’est-à-dire qu’il se trouve dans un cas de force majeure, le principe retenu est «oness ra’hamana patré», D.ieu pardonne et plus encore, exempte toute personne dans l’impossibilité d’accomplir les mitsvot, les commandements.

Celui qui le peut en a le devoir, contrairement à celui qui ne le peut pas, et qui en est donc dispensé. Plus encore, le traité Kidouchin du Talmud cite : «ratsa lékayem mitsva vénéenas,né’hchav lo kéhilou assaa». Si quelqu’un avait l’intention d’accomplir une mitsva, mais en a été empêché malgré lui, il lui sera compté comme s’il l’avait faite, et en recevra donc le salaire.

Dispensés mais désolés de l’être !

Pourtant, nous voyons qu’Avraham avinou ne s’en contente pas pour autant. Il n’est pas seulement intéressé à bénéfi cier des récompenses d’une mitsva mais désire avant tout la mettre en pratique. C’est là la caractéristique du ‘am Israël, du peuple d’Israël.

A la fin des temps, les nations du monde seront jugées, et réclameront aussi une mitsva à accomplir. Le Talmud, traité Avoda Zara 3b, précise que pour les tester, D.ieu leur proposera une mitsva que l’on pourrait qualifier de «facile» : la souccah, cabane dans laquelle nous vivons pendant huit jours au début de l’automne.

Et sous le soleil sorti de son écrin, «‘hama minartika», les nations du monde seront considérées comme «patour», exemptées, et auront bien évidemment la possibilité de sortir de la souccah. En effet, «mitstaer patourmin hasouccah», celui pour qui il est désagréable de vivre sous la souccah en est exempté.

Or le rapport aux mitsvot diffère entre le peuple juif et les nations du monde. Ils vont sortir de la souccah, nous raconte le Talmud, mais en lui donnant un coup de pied. Ils ne seront pas en mesure d’appliquer la mitsva et au lieu de s’en attrister, ils se mettront en colère. En revanche, malgré la garantie de la récompense, le peuple juif regrette de ne pas pouvoir en fournir l’effort. Qu’il soit patour ou anouss, exempté ou contraint, il veut agir.

Exprimer son attachement

Le Rav ‘Haïm de Shemoulevitz, auparavant directeur de la Yéchiva de Mir, dit que cela fonctionne dans les deux sens. L’accomplissement d’une mitsvaou le fait de commettre une avéra, une faute, marque la proximité avec HakadochBarou’h Hou, Le Saint-Béni-Soit-Il.

Même si certains cas extrêmes nous dispensent d’accomplir certaines mitsvot ou nous obligent d’après la hala’ha, la loi juive à commettre des avérot (notamment lorsque quelqu’un est menacé de mort de violer certaines lois de la Torah), il n’est alors pas seulement question de savoir si l’on garde ou non notre salaire, mais il s’agit de montrer notre attachement à la Torah et à ses ordonnances.

C’est la raison pour laquelle, voyant la désolation d’Avraham, D.ieu changea le cours des choses et combla sa perte. Son salaire aurait été identique, mais Il lui rendit l’occasion de concrétiser cette si grande action qu’est l’hospitalité. Avraham est surnommé «amoud ha’hessèd»,  le pilier de la bonté» dont nous devons être les dignes descendants.

 

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