Parachat Béchala’h – Le chemin court et le chemin long

 

Par la traversée de la mer et celle du désert, nous allons apprendre qu’il vaut parfois mieux prendre un chemin plus long et qui semble plus périlleux, mais qui nous protège des dangers de l’assimilation. Car à toutes les époques et envers tous les hommes, D.ieu a promis la protection, à condition de lui faire confiance…

Cette semaine nous allons lire la paracha de Bechala’h, où l’on raconte notamment la traversée de la mer des Joncs (yamsouf).

Ce chabbath est appelé chabbath «Chira», car le peuple juif, au moment de traverser la mer, va entonner le fameux chant de «Az yachir Moché», le cantique de la mer. Quand D.ieu fait sortir les Bné-Israël d’Égypte, il ne choisit pas le chemin le plus court, bien qu’Il disposait du meilleur GPS…

Son choix fut donc motivé par des éléments autrement plus sérieux que des considérations géographiques. Il était possible de passer par la terre des Philistins, qui était le chemin le plus court. Ce pays était déjà conquis, et en outre, c’était un pays où il était facile de trouver sa subsistance : en travaillant peu, on gagnait suffisamment de quoi manger.

Mais il contenait également un grand danger: celui de l’assimilation. Tous les Juifs qui vivent en Diaspora aujourd’hui connaissent parfaitement ce problème. Autre solution : le désert. Des conditions extrêmes de survie, même se nourrir y devient problématique.

Pourtant, un avantage dans le désert : les Bné-Israël ne rencontreront pas de Philistins, ni d’autres peuples souillés par la faute. Et lorsqu’on sort du49ème degré d’impureté, il faut se préserver. Pour être digne de recevoir la Torah au pied du Mont Sinaï, il faut d’abord passer par un niveau spirituel élevé, avant de se diriger vers Erets-Israël, la terre sainte.

Entrer dans la mer… et avoir confiance

D.ieu préféra donc l’option du désert, quitte à donner la Manne du ciel, ce pain qui descendait quotidiennement, sauf le chabbath (vendredi, il descendait une double portion). Chaque jour, chacune des 600.000 âmes juives qui étaient sorties d’Égypte, recevait ce qui lui était nécessaire et suffisant pour une journée.

Nos Sages nous apprennent dans le Talmud (Pessa’him 118a) que pour D.ieu, donner la subsistance à l’homme n’est pas moins miraculeux qu’ouvrir la mer des Joncs. Cet adage de nos Sages est très curieux. Comment comprendre cette comparaison entre l’ouverture de la mer et le fait de nourrir les hommes ?

L’explication du ‘Hafets ‘Haïm est la suivante. Na’hchone ben Aminadav fut le premier à avoir le courage d’entrer dans la mer alors qu’elle ne s’était pas encore ouverte. Et il avança dans l’eau jusqu’à ce qu’il ne put plus respirer.

C’est uniquement à ce moment-là que D.ieu ouvrit la mer. Le ‘Hafets ‘Haïm explique qu’il en est de même avec notre subsistance : nous devons produire notre effort (hichtadlouth), et quand nous avons fait ce qui était en notre pouvoir, D.ieu donne alors la subsistance à chacun d’entre nous.

Mais que signifie concrètement produire notre effort pour la subsistance :Est-ce que cela signifie rentrer chez soi très tard, voyager très loin, s’adonner au travail plus qu’à toute autre chose ? On l’a vu, D.ieu a préféré nourrir 600.000 Juifs en leur envoyant la manne, plutôt que de le faire entrer dans un pays déjà civilisé, mais avec le risque de fréquenter des gens très peu «fréquentables» , selon les règles du judaïsme.

Dans notre quotidien, D.ieu nous demande de choisir un métier et un emploi du temps qui respecte les règles du judaïsme (cf. Kidouchine 82a). Il s’occupera du reste : D.ieu nous nourrira toujours dans l’honneur et dans l’abondance. Il y a une petite parabole du ‘Hafets ‘Haïm, qui en dit long sur ce sujet brûlant et qui touche chaque Juif, à quelque niveau qu’il se trouve : imaginez une cuve de vin.

Que l’on place un ou dix robinets pour faire couler le vin, cela ne changera absolument pas la quantité de vin qui coulera au bout du compte. Je m’adresse donc particulièrement à ceux qui n’ont pas encore eu la chance ou l’audace d’arrêter leur activité professionnelle le chabbath : ce qui doit venir du ciel viendra, comme cette manne qui pendant quarante ans est tombée chaque jour pour nourrir le peuple juif, non seulement matériellement mais aussi spirituellement : cette manne nous a appris, à avoir confiance en D.ieu.

Le 7ème robinet n’ajoute pas une seule goutte de vin.
Il faut avoir le courage de Na’hchone ben Aminadav, et la mer s’ouvrira.
 

 

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